Petit texte de réflexion suite à l'arrestation d'un adolescent de 16 ans, accusé de production de faux pour avoir diffusé sur le web sa propre traduction artisanale du dernier tome de la série Harry Potter. Je tenter de questionner l'ontologie de l'origine de l'oeuvre dans la mesure où le «vrai», ici la traduction «officielle», n'existait pas encore:
La stratégie de la traduction et de l’adaptation se rejoignent dans cette maxime capitaliste: faire en sorte que le consommateur soit d’avance assuré de l’authenticité du produit à venir. Et pour cela, à la fois faut-il agir en amont: les traducteurs déviants – c’est-à-dire ceux qui n’auront pas signé de contrat – seront exclus, pourchassés, attaqués en justice; et en aval, abrutir le consommateur d’images pour que l’idée de l’œuvre soit déjà en lui avant qu’il n’y ait accès. Deux stratégies sur l’origine qui la place dans l’après temporel, deux stratégies qui ne font plus des droits d’auteur, aujourd’hui, une quelconque protection pour le créateur, mais une marchandise profitable pour les maisons d’édition.
Référence
Lemieux, René, «Droits d’auteur et traduction aujourd’hui: un renversement de l’authenticité?», Le Mouton noir, cahier culturel «Champ libre», volume XV, numéro 5, mai-juin 2010.
